Les roses blanches

Les roses blanches de Sarah Pèpe paru en novembre 2017 aux éditions Koïnè, 90 pages

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Résumé :

Viens ici Stéphane je voudrais te présenter quelqu’un c’est une surprise voilà c’est Pierre je te présente Pierre Pierre est le nouvel amoureux de maman La bouche et les yeux de maman sourient en même temps mon papa tout neuf sourit aussi il a l’air gentil il dit c’est sûr qu’on va bien s’entendre tous les deux je tends la main à mon papa cadeau Stéphane est un enfant heureux de rencontrer le nouvel amoureux de sa maman.
Mais dans ses mots et sous son regard, la joie disparaît peu à peu face à la violence conjugale. On pourrait croire que cette place de témoin n’est pas dangereuse. Pourtant, sa vie durant, il devra affronter ses démons qui tentent de le précipiter dans le gouffre de la répétition du drame.

Mon avis :

J’ai découvert cette pièce au travail, des élèves ont mis en scène quelques extraits et là je me suis dit que je devais la lire en entier.

La préface est signée Gérard Lopez, président fondateur de l’institut de victimologie de Paris. Il rappelle quelques chiffres : 4 millions de victimes de l’inceste en France (c’est énorme). Il note 3 points : 1- la violence se transmet de génération en génération, 2- le mari est considéré comme le mec sympa, 3- la femme est rejetée, considérée comme la fautive. Ce sont les trois « règles » qu’il fait ressortir de cette pièce.

Cette pièce traite donc des violences familiales, de la manière dont les enfants-témoins le vivent et de la façon dont les gens extérieurs peuvent comprendre la situation vécue, ici, par la femme.

Certaines scènes sont très difficiles à lire, révoltantes ! A plusieurs reprises je me suis dit « mais pourquoi les gens réagissent ainsi » et je me suis souvenue que ça se passait réellement comme ça dans la vie ….

La maman ramène son nouvel amoureux à la maison et fait les présentations avec son fils. Ce nouveau « papa » a l’air tout ce qu’il y a de plus gentil, sauf que ce ne sont que des apparences. Il va s’avérer être violent avec la mère, uniquement en paroles devant l’enfant, le reste se passe « dans la chambre », même si on ne nous dit pas ce qui se passe, on peut le deviner. Le petit garçon n’est alors que spectateur de ce qui se passe. Mais ne pas subir les coups ne veut pas dire ne rien avoir à endurer, ne rien ressentir, ne rien subir : la violence de certaines paroles atteignent même les spectateurs.

Deux situations m’ont particulièrement fait sortir de mes gonds :

  • la première a été le dépôt de plainte : quand on va au commissariat pour porter plainte, on a peur. Alors si les personnes en face ne nous disent pas les choses comme on voudrait les entendre, ne nous aident pas, cela est beaucoup plus compliqué. Porter plainte est une démarche qui demande beaucoup de courage. Dans cette scène, les policiers ne sont pas très attentifs, la poussent trop rapidement. Le fait qu’on n’ait que les paroles des policiers renforce l’idée que la femme ne veut pas parler, ne le peut pas. Et le pire, ce sont les paroles malencontreuses « votre enfant est en danger ? c’est à vous qu’il s’en prend, c’est déjà une bonne chose, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire »…. et au final « prenez au moins la liste de ces associations ».
  • la deuxième est le passage chez le juge : le fils, qui a grandi, a fait la demande de vivre avec son beau-père et plus avec sa mère (pour des raisons qui sont bien expliquées). Le juge explique donc à la mère que la justice autorise un beau-père à demander la garde et lui présente les choses ainsi « du temps pour vous, voyez les choses du bon côté » : alors là il faut m’expliquer comment une personne peut oser dire à une autre : votre fils ne veut plus vous voir mais c’est plutôt une bonne chose, vous allez avoir du temps pour vous occuper de vous !

Ce livre montre tout le processus, les changements, les réactions de l’entourage, quand on est dans une situation de violence. Il faut parfois prendre en considération les petites remarques de certaines personnes, les appels au secours discrets. Rien ne doit être fait dans la précipitation.

Le plus dur de mettre des mots sur ce qui se passe, le plus dur c’est de ne pas se mettre en fautif-ve. Il faut trouver les bonnes personnes pour nous aider.

La colère est venue contre moi, comment j’avais pu rester sans voix

Tout dans cette pièce n’est pas valable pour tous les cas de violence, il ne faut pas non plus en faire une généralité, il y a tellement de possibilités de violences différentes.

Il n’y a pas de témoin épargné

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