Lire de la poésie

Lire de la poésie …. aucun intérêt ….. quel intérêt de lire un recueil en entier, d’une traite? Pour moi, aucun

Et puis, j’ai fait des études de lettres et là j’ai appris à « lire la poésie ».

Pour devenir sensible à l’écriture poétique, j’ai besoin de travailler le texte, de l’étudier, d’en faire comme on faisait l’analyse à l’école. Une fois l’analyse faite, je le relis tranquillement et alors je comprends son sens et il m’atteint.

Pour mes cours, je prépare une séquence sur Pauca Meae de Victor Hugo. Il s’agit du quatrième Livre extrait des Contemplations. Dans celui-ci il fait l’évocation de Léopoldine, sa fille morte noyée accidentellement dans la Seine. La première lecture m’avait un petit peu touchée mais c’est en travaillant sur certains poèmes précisément que le sens de ce recueil s’est ouvert à moi. Et maintenant je peux vous dire que ces poèmes sont tout simplement sublimes.

Même si cela prend du temps d’analyser chaque poème l’un après l’autre, je ne vais pas m’arrêter et je vais le faire pour chaque texte de ce recueil qui me touche tout particulièrement.

La poésie peut être un genre difficile d’accès de prime abord, ce n’est pas la même façon de lire qu’un roman mais les messages cachés entre les vers valent vraiment le prix de l’effort que je fournis.

Je partage avec vous un poème que j’ai particulièrement apprécié

VI

Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin

De venir dans ma chambre un peu chaque matin ;

Je l’attendais ainsi qu’un rayon qu’on espère ;

Elle entrait et disait : « Bonjour, mon petit père » ;

Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s’asseyait

Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,

Puis soudain s’en allait comme un oiseau qui passe.

Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,

Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,

Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent

Quelque arabesque folle et qu’elle avait tracée,

Et mainte page blanche entre ses mains froissée

Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.

Elle aimait Dieu, les fleurs, les astres, les prés verts,

Et c’était un esprit avant d’être une femme.

Son regard reflétait la clarté de son âme.

Elle me consultait sur tout à tous moments.

Oh! que de soirs d’hiver radieux et charmants,

Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,

Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère

Tout près, quelques amis causant au coin du feu !

J’appelais cette vie être content de peu !

Et dire qu’elle est morte ! Hélas ! Que Dieu m’assiste !

Je n’étais jamais gai quand je la sentais triste ;

J’étais morne au milieu du bal le plus joyeux

Si j’avais, en partant, vu quelque ombre en ses yeux.

Novembre 1846, jour des morts

Partagez, vous aussi, vos plus beaux souvenirs de poèmes

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s